Lettre Hebdo des marchés semaine 11 : Comme un doute !

Cross Asset : Poursuite de la correction des actifs risqués

Avec la flambée du prix des œufs, pour un américain voyager pour venir déguster une omelette chez La Mère Poulard au Mont-Saint-Michel pourrait bientôt revenir moins cher que de la préparer chez lui !

Les marchés actions ont prolongé leur correction cette semaine, pénalisés par l’escalade des tensions commerciales, une trêve toujours incertaine en Ukraine et une inflation US qui peine à rassurer. La sous-performance des valeurs américaines s’accentue, avec une baisse généralisée de tous les secteurs, à l’exception du secteur énergie qui reste stable. En revanche, l’Europe et la Chine montrent une meilleure résilience, profitant d’un redéploiement des flux d’investissement qui se détournent des actions américaines. Le Japon tire également son épingle du jeu grâce à un momentum reflationniste favorable. Parallèlement, l’or continue de jouer son rôle de valeur refuge et a touché les 3000 $, tandis que l’élargissement des spreads de crédit (+44 pb pour le High Yield USD) reflète un stress croissant sur les marchés. Le momentum anti-US et la montée des tensions commerciales pourraient présager une poursuite de la correction des indices américains, au bénéfice des actions européennes, notamment si une trêve en Ukraine intervient et que la réforme fiscale allemande est définitivement validée. La semaine prochaine sera marquée par plusieurs décisions de banques centrales : le Japon, les États-Unis et la Banque d’Angleterre (BoE) sont attendus en statu quo.

 

Marché des changes : En attendant la Fed

Offre spéciale USA : Un grand cru de Bordeaux acheté, un œuf  (caviar de poule) offert !

Le dollar termine la semaine quasiment inchangé, après sept séances consécutives de repli qui l’ont mené à un plus bas. L’euro en profite légèrement, atteignant au plus haut 1,0947, porté par les espoirs d’un cessez-le-feu en Ukraine. Sur le front des tensions commerciales, le dollar canadien pâtit des frictions entre les États-Unis et le Canada, et recule d’autant plus que la Banque du Canada a procédé à une nouvelle baisse de son taux directeur – la septième consécutive – en réponse à un ralentissement des investissements et de l’emploi. À l’inverse, le peso mexicain bénéficie du soutien des États-Unis et atteint un plus haut de quatre mois. De son côté, la livre sterling reste stable face au dollar mais perd légèrement du terrain face à l’euro. La plupart des devises émergentes reculent face au billet vert, à l’exception du rouble russe. Par exemple en Europe, la Banque centrale de Pologne a maintenu ses taux inchangés, entraînant un recul du zloty. Cette semaine, la BNS est attendue en baisse de 25 pb à 0,25%, ce qui pourrait affaiblir le franc suisse. Quant à la Fed, elle devrait rester prudente dans ses annonces, laissant planer encore plus d’incertitude sur l’évolution du dollar.

 

Taux : Ajustements des anticipations de politique monétaire

Après Trump dans une Tesla, la prochaine étape c'est Trump dans une fusée Starship ? Direction Mars? Sans retour ?

Les marchés obligataires restent sous pression, affectés par les préoccupations liées aux droits de douane américains et aux négociations sur l’accord budgétaires en Allemagne. Désormais, les investisseurs anticipent trois baisses de taux de la Fed en 2025, contre moins de 40 pb de réduction envisagés il y a un mois. La Fed devrait soit rester prudente lors de sa réunion de mercredi, mais un ralentissement macroéconomique plus marqué aux États-Unis pourrait l’amener à ajuster sa politique plus tard dans l’année. En Europe, les discussions autour du budget allemand ont freiné une remontée plus marquée des taux longs. Dans ce contexte, la pentification des courbes se poursuit (+9 pb sur le 5-30 ans swap EUR). Avec l’impact du plan de relance budgétaire, le marché n’intègre pour l’instant qu’une baisse de -12,5 pb en avril, mais la dynamique désinflationniste pourrait prendre le dessus sur les incertitudes économiques, entretenant ainsi la volatilité sur les taux. Enfin, l’écart OAT-Bund 10 ans s’est resserré, alors que l’agence de notation  Fitch a choisi d’accorder du sursis à la France, en laissant sa note en «AA-» vendredi dernier .

Bonne semaine à tous !