Cross Asset : Ah le tensions commerciales !
Après le démarchage pour le CPF, je n’en peux plus de ces ministres américains qui m’envoient des invitations sur leurs messageries secrètes !!
La semaine a été marquée par une intensification des tensions commerciales. Après un début de semaine optimiste sur les actifs risqués américains, un retournement « risk-off » a eu lieu avec l’annonce de droits de douane globaux sur le secteur automobile, puis sous l'effet conjugué de l'inflation et du ralentissement de la consommation des ménages vendredi. Malgré une conjoncture macroéconomique en arrière-plan, les indicateurs signalent une activité résiliente mais en décélération. Dans ce contexte, la correction du marché reste fragile : bien que les indices américains aient légèrement rebondi depuis leur point bas du 13 mars, ils sont et demeurent vulnérables, avec une volatilité sectorielle marquée. Du côté du crédit, les spreads « High Yield » restent sous tension. Sur les matières premières, l’or a bénéficié de l’incertitude croissante, atteignant un nouveau sommet au-delà des 3 070. Les prix du pétrole ont progressé, tandis que le gaz en Europe a reculé (Les pourparlers entre la Russie et l’Ukraine n’ont pas abouti et Donald Trump impose un tarif de 25 % sur le pétrole vénézuélien). La semaine prochaine sera clé avec la publication des données macroéconomiques américaines (emploi, ISM), l’inflation en zone euro et la mise en œuvre des droits de douane réciproques le 2 avril.
Change : L’euro sous pression ?
"Nous remercions le gouvernement pour ce changement d’heure et la réduction d’une heure du temps de travail cette nuit." Le Syndicat des Punaises de Lit
Le marché des changes a également été influencé par les décisions américaines en matière de tarifs douaniers. Le dollar s’est apprécié tout au long de la semaine, notamment après l’annonce d’un droit de douane de 25 % sur tous les véhicules étrangers importés aux États-Unis. L’euro a souffert des tensions commerciales ainsi que des anticipations de baisse des taux par la BCE, renforcées par des prévisions d’inflation plus faibles en mars. Le yen japonais s’est affaibli sous l’effet de la hausse des taux longs américains et du ton prudent de la Banque centrale, avant la publication d’une inflation plus élevée. La livre sterling a progressé principalement contre l’euro, bénéficiant de son absence d’exposition aux droits de douane américains. Les couronnes suédoise et norvégienne ont surperformé, soutenues par une amélioration des perspectives économiques en zone euro et le ton hawkish de la Banque centrale norvégienne. Enfin, la devise chinoise s’est affaiblie face au dollar dans un contexte de bras de fer intense entre la Chine et les États-Unis.
Taux : Une divergence croissante
Ce n’est plus ce que c’était, la sécurité aux US… Je viens de recevoir les codes nucléaires américains sur PRONOTE !
Le marché obligataire n’échappe pas aux effets des tensions commerciales à l’approche de l’entrée en vigueur des droits de douane du 2 avril, accentuant les divergences entre les États-Unis et l’Europe. Le spread entre le 10 ans US et allemand s’est élargi à 160 pb (+20 pb depuis l’annonce du plan budgétaire allemand). Il faudra suivre de près l’écart croissant entre les anticipations d’inflation aux États-Unis et en Europe ! En zone euro, les anticipations de baisse des taux de la BCE se sont accentuées avec 25 pb de baisse des taux en avril à 80 % de probabilité (contre 60 % la semaine précédente). La courbe des taux en zone euro continue son mouvement de pentification, atteignant son plus haut niveau depuis 2022, tandis que le rendement du Bund à 10 ans s’est stabilisé sous son pic post-annonce du plan budgétaire. Du côté des spreads souverains, la stabilité domine, les investisseurs semblant moins inquiets quant à l’impact des tensions commerciales sur les obligations européennes.
Bonne semaine à tous !