Lettre Hebdo des marchés semaine 47: Vague de froid sur l’Europe

Il est plus facile pour Noé que pour Jean-Christophe d'écrire son prénom en faisant pipi dans la neige.

La divergence des deux côtés de l’atlantique  s’accentue avec des données macro qui continue de décevoir en Zone Euro et le regain de tensions en Ukraine. Côté actions, les indices européens signent une 6ème semaine dans le rouge (et des bancaires qui sous-performent), alors que les indices US résistent malgré des résultats de Nvidia, perçus comme décevants. Côté taux, la divergence des attentes de baisse s’accentue également des deux côtés de l’atlantique et une pression sur la BCE qui s’accélère ! Le risque géopolitique vient soutenir les matières premières (pétrole et gaz repartent à la hausse) et continue également de soutenir l’or. Le bitcoin s’approche des 100K (+40% sur 1 mois), avec Trump et après la démission du PDG (anti-crypto) de la SEC. La semaine prochaine, le sentiment des affaires et confiance des consommateurs animeront les marchés en Europe et aux Etats-Unis et  nous suivrons attentivement les estimations de l'inflation aux États-Unis (core PCE) et en Europe pour novembre.

Mélangeons le pire du mois de décembre et du mois de novembre : Des "Mon Chéri" au Beaujolais Nouveau !

Le dollar a touché son plus haut depuis 2 ans après huit semaines de hausses consécutives. Avec la divergence des politiques monétaires anticipées par le marché, l’euro continue de s’enfoncer et s’est déprécié jusqu’à 1,0335, un plus bas depuis décembre 2022. La dynamique de croissance s’affaiblit à nouveau au vu des PMI, augmentant la probabilité d’une réduction de 50 pb de la BCE en décembre et l’euro s’est déprécié contre toutes les devises y compris la livre sterling. Pourtant, les statistiques ne sont pas beaucoup florissantes au Royaume-Uni et le sterling a par ailleurs chuté contre USD. Parmi les nombreuses réunions des banques centrales émergentes sur la semaine, seule celle de l’Afrique du Sud a assoupli (comme attendu) son taux directeur, alors que les banques centrales de la semaine (Hongrie, Chine, Indonésie et Turquie ) ont adopté un statu quo.

Durant toutes ces années la chose que Raphael Nadal aura le plus perdu à Rolland Garros c’est ses cheveux ! Hommage champion

Cette semaine, des tristes indices PMI (indice des directeurs d'achat)  ont incité les marchés à revoir leurs anticipations de taux pour la BCE ( le marché estime une baisse de 37 pb), avec un taux terminal estimé autour de 1,70%. Le climat « risquophobe » entretenu par l'incroyable escalade des tensions entre la Russie et l'Ukraine a soutenu la demande pour la duration et les courbes se sont (légèrement) pentifiées. L’engouement persistant autour des élections américaines et les divergences économiques croissantes renforcent le découplage entre les rendements des deux côtés de l’atlantique. Avec la baisse de l’appétit pour le risque le swap spread vs Bund (la différence entre les rendements allemands et les taux de swap) revient en territoire positif. Par contre l’absence de vote du budget français remet la pression sur la dette française et le spread de la France contre Allemagne s’écarte !

Bonne semaine à tous